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Une certaine idée du service public

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L’entrée de l’ORTC

Il y a bien longtemps que je ne me suis pas répandu ici sur mes expériences professionnelles, ayant un temps réservé ma prose à une publication professionnelle. Il est temps de rentrer à la maison…

J’ai déjà écrit ici le bonheur que me procurent la plupart de mes missions de formation professionnelle en radio. En ce début d’automne 2013, j’ai eu le grand privilège d’être investi par CFI d’une mission de formation des personnels des radios comoriennes, dans la banlieue de Moroni. Ce stage de deux semaines, accueilli dans les locaux de la radio/télé nationale, l’ORTC, était ouvert à des animateurs/réalisateurs/producteurs/journalistes venus de toutes les radios des 3 îles (non seulement donc la Grande Comore mais également Mohéli et Anjouan), radios locales, communautaires, de service public, etc…

En effet, Souali Mohammed Souali, le Directeur Général de l’ORTC avec qui j’ai eu grand plaisir à travailler en bonne intelligence, part du principe que la radio nationale – qui se trouve être parmi les plus récentes du pays – n’est pas en concurrence avec les autres mais qu’elle peut travailler avec elles, en complémentarité, avec des échanges de programmes, des reprises des journaux d’information là où Radio Comores n’est pas reçue et que les formations doivent bénéficier à l’ensemble du secteur et non seulement à ses propres équipes. Il ajoute fort finement que le talent n’est pas qu’au sein de l’ORTC et qu’en professionnalisant le plus grand nombre possible d’intervenants, il aura finalement un meilleur vivier pour puiser et fabriquer la radio de demain.

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M. Soilih Mohamed Soilih, DG de l’ORTC, inaugure la formation

Cette radio est primordiale, dans un pays très jeune, qui cherche encore sa propre stabilité, où on doit encore inventer le « vivre ensemble ». La fabrication, à laquelle je participe sur la durée, d’un programme francophone commun à l’ensemble de ces radios participera, j’y mettrai toute mon énergie, à l’unité du pays.

Dans une contrée bien démunie où la radio manque de tout (y compris parfois même de l’essence nécessaire au groupe électrogène qui fournit l’électricité défaillante aux studios et aux émetteurs), il est réjouissant de trouver une telle vision de l’avenir et une aussi haute idée de la notion de service public et, sur ce point au moins, on se prend à rêver de formations… dans l’autre sens.

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