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De la concurrence en matière de radios

Fin novembre dernier, les radios du GIE des Indépendants, des radios commerciales, donc, locales souvent, régionales la plupart du temps, se réunissaient pour travailler (un peu) et faire la fête (surtout) sous le soleil de Marrakech.

Dans une ambiance extrêmement sympathique et bon enfant, autour de force thés à menthe, se sont entretenus de façon très courtoise des gens venus de tout le territoire métropolitain et qui, depuis plusieurs dizaines d’années pour certains, gagnent leur vie en faisant de la radio, sans scandale, sans polémique dans la libre-antenne de Radioactu, sans piquer les vieilles gloires défraichies de la télé ou des débiles tombés d’une télé-réalité faisandée.

Des professionnels, donc, des vrais, des gens qui, en compagnie de leur régie pub (TF1) se sont réjouis de voir leurs parts de marché et le nombre de leurs auditeurs augmenter et le nombre de leurs adhérents monter lui aussi.

Aussi ai-je été assez surpris d’entendre les dirigeants de radio qui venaient d’enregistrer de très belles progressions (donc des vrais pros, quoi, des gens qui connaissent leur métier et respectent leurs auditeurs !) professer haut et fort que les stations du groupe France Bleu faussent la concurrence sur le plan local et qu’il faudrait légiférer pour les obliger à ne faire que des émissions en langue régionale et à diffuser de la musique en occitan, breton, corse ou alsacien.

Entre autres.

Ce propos m’a étonné (surtout, encore une fois, venant de gens dont les résultats démontrent leur professionnalisme). Et je n’ai pu que le rapprocher de ce propos, entendu il y a des années au congrès du CNRA de Dijon, donc de la part du dirigeant d’une radio associative (oui, je vais de l’un à l’autre, j’ai la chance de côtoyer les uns et les autres sans a priori ni exclusive) et qui disait en substance qu’il fallait légiférer (oui, lui aussi) pour réserver des fréquences aux radios associatives (pourquoi pas ?) en en prenant à NRJ et en (je cite, ouvrez les guillemets…) « donnant une prime à l’intelligence ».

D’ailleurs tout ceci est à rapprocher de la manière historique qu’a Radio France de vouloir préempter des fréquences… !

Autrement dit, au lieu de jouer simplement la carte de la concurrence et de la complémentarité, chacun voudrait dérégler l’autorégulation du marché (pourtant normalement prônée par les entrepreneurs commerciaux dans un système néo-libéral) à son seul profit.

A l’inverse, je reste persuadé que la concurrence des médias est la meilleure des émulations et la meilleure manière d’améliorer quotidiennement notre antenne et notre travail. Que celui qui travaillera au plus près son rapport à l’auditeur aura gain de cause en terme d’audience et que, comme je l’ai encore seriné pendant une semaine dans les oreilles des professionnels qui gèrent l’antenne de Radio Parole de Vie à Saint-Malo, s’ils utilisent le savoir-faire de leurs concurrents des ondes, la différence viendra obligatoirement de ce supplément d’âme qui est la marque des bonnes radios associatives. Personne n’interdira aux auditeurs de cette radio associative d’apprécier aussi Hit West (ou Chérie FM). L’important est qu’ils reviennent quand il s’agit de s’intéresser aux sujets de fonds que la radio associative ET locale saura aborder intelligemment.

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