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Salut Jean-Loup…

$(KGrHqJ,!qwFJS+SENfSBSYps5FDPg~~60_35Dans les années 70, pendant cette période où j’ai décidé que je voulais absolument tenter ma chance dans ce métier de dingues, j’étais bien heureux d’avoir 2 oreilles. Ce n’était pas trop pour écouter, en rentrant du collège et du lycée, le Hit Parade d’André Torrent d’un côté et le Mozik de Jean-Loup Lafont de l’autre.

Sur RTL, la machine de guerre parfaitement huilée, sur Europe la folie, l’invention, la magie… Le savoir-faire contre l' »esprit Europe » (parce que si je ne sais toujours pas ce que l’expression galvaudée « esprit Canal » veut dire, j’ai bien saisi l’esprit Europe, à l’époque)… Un jour je préférais l’un, un jour l’autre. Les deux ont modelé mon goût pour ce métier.

Des années plus tard, arrivé à Europe pour boucher les trous et lancer Europe 2, je me retrouve bombardé (mille grâces soient rendues à Michel Brillié) au remplacement de Jean-Loup sur le 5/7. Pour me préparer, j’irai passer une émission ou deux avec lui et participer à cet incroyable concours de gamineries auquel il se livrait chaque matin, hors-antenne, avec son équipe et Jean-Jacques Lachaud, notamment. Comment ? On pouvait tout à la fois réaliser l’un des tous premiers mornings de France et se prendre à ce point peu au sérieux ? Tout en étant de grands pros ! Quelle leçon…

Puis, il y a quoi… 2, 3 ans ? Ce déjeuner, que Michel Brillié, encore lui, avait improvisé entre nous 3, avec un Jean-Loup qui m’avait oublié, forcément et qui entre dans la brasserie, somptueux, si jeune, magnifique, toujours… Inchangé, aérien, séduisant ô combien, et surtout, surtout, à la fois si particulier et si simple. Avec lui, parfois une légère incompréhension de ce que le métier devient mais surtout aucun « c’était mieux avant »… Les filles, jeunes, qui ne l’ont jamais entendu à la radio, ni vu à la télé, qui se retournent sur le passage de ce grand jeune homme…

Certains, comme ça, dont on ne prétendra jamais avoir été intimes, parce qu’ils ont eu une importance qu’ils n’auraient jamais imaginé, vous manqueront toujours, à leur grande surprise, sans doute. Voilà pourquoi, moi aussi, ce matin, j’ai perdu quelqu’un de spécial…

Encore, pour paraphraser Brassens, un trou dans l’eau qui ne se refermera jamais.

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