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Critiques tocs

"J'ai réfléchi, j'ai réfléchi. Et, à force de réfléchir, j'ai décidé de ne rien décider..." Jim Thomson, 1275 âmes, de mémoire

Ce lundi 25 novembre 2013 est à marquer d’une pierre blanche pour nous autres professionnels, amateurs, amoureux du media radio. On dira plus tard qu’il y a eu l’avant 25/11 et l’après 25/11.

Car cette journée est celle du basculement dans une nouvelle ère. Sous l’impulsion d’une Ministre dont on a toujours pu mesurer l’attachement viscéral à notre média, se tiennent (après avoir été longuement repoussées mais peu importe) les Assises de la Radio. Et là, c’est la Révolution car les débats sont…

Bon, on arrête là la SF puisque si vous lisez ça, vous avez suivi de loin, en travaillant vraiment. Les deux « tables rondes du matin » ont été d’un vide abyssal et, surtout, ont ressemblé à chacune de celles qui ont lieu chaque année au Radio, au colloque Radio2.0, voire avant au Salon International de la Radio !

Bref, pas vraiment la peine de déranger le Quai Branly pour ça. La première table ronde, où chacun est venu réciter un discours usé devant un public qui le connait par coeur, n’a été égayée que par les accrochages entre (cette sacrée) Huguette Monzie d’ARL et Stéphane Ramezi qui aura au moins tenté de faire en sorte que ça reste vivant. Quant à la seconde, on peut remercier Alain Weill de s’être rapidement accroché avec les représentants du GIE des Indés pour nous permettre de rigoler un coup.

A part ça, quel ennui ! Personne pour relever le niveau et nous proposer de jeter un vrai regard pour l’avenir. Les uns veulent encore plus de fréquences, les autres encore plus de sous. Ils ont tous une bonne raison. Quoi de nouveau, là-dedans ? Alors, vous l’avez vu, regroupés sous #AssisesRadio, les tweets des participants et des absents qui suivaient via internet, se sont succédés à grande vitesse, commentant les interventions, ironisant sur les effets de manche (même si chacun fait très attention de twitter pour sa paroisse, c’est de bonne guerre).

Et moi, je viens de me faire engueuler parce que j’ai critiqué la modération de la deuxième table ronde.

Je reste surpris, en effet, que, dans un tel débat, quand on donne la parole à Michel Cacouault, Mathieu Quétel, André Gauron ou bien d’autres figures connues de notre métier, on s’en tienne à un « monsieur » interrogatif. Je n’ai rien contre le fait que des universitaires viennent participer à des rencontres de ce type: au contraire ! On pourrait attendre de leur part qu’on s’éloigne un instant du simple terrain mercantile auquel la dureté des temps nous entraîne invariablement, ce qui ne ferait pas de mal. Mais encore faut-il « animer » un débat et non pas – quel mot détestable ! – le modérer.

Distribuons la parole selon les besoins du débat, non parce qu’on nous la réclame. Opposons les arguments les uns aux autres et n’ignorons pas quels enjeux sous-tendent tels discours. Dernière chose : animer un débat, comme une émission de radio ou de télé, c’est partir du principe qu’on en a l’autorité et la revendiquer face à ses débateurs, comme l’a fait Stéphane Ramezi face à la redoutable Huguette.

Alors Nathalie Sennac n’est pas contente que je mette en cause sa « modération ».

Oui, c'est facile, je sais, mais ça me fait rire...

Oui, c’est facile, je sais, mais ça me fait rire…

(très mauvaise idée, ça : j’ai travaillé pour la plupart des groupes qui sont représentés, commerciaux, associatifs, privés, publics… Je suis dès lors soupçonnable de toutes les compromissions, c’est humain! Et ça ne se quémande pas, ça.)

Elle est mécontente, donc. C’est son droit. Mais c’est aussi le mien d’être mécontent de tant de temps perdu. Animer un débat, se mettre sur scène pour (tenter de) faire avancer une thématique, c’est aussi se mettre soi-même en lumière et accepter la critique de son travail. Car cette journée creuse et sans intérêt, c’est – bien sûr – la faute d’une ministre qui ne viendra qu’à la fin, lire un discours qu’elle n’aura pas écrit, devant une assistance dont elle n’a que faire, sur un sujet qui ne l’intéresse pas. Mais c’est aussi l’incapacité de ses organisateurs et de ses animateurs à la faire sortir des ornières creusées par avance. Bref, tout cela n’augure pas grand-chose de réjouissant.

Le mot de la fin (provisoire) revient à un twitto :

 

Et pour enterrer définitivement cette journée, on peut (mais on n’est pas obligé) se taper l’affligeant discours de la Ministre.


Les Assises de la Radio / conclusion par… par culture-gouv

Voila.

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