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La Révolution n’est plus ce qu’elle était…

 En 1970, une génération de lycéens (forcément) boutonneux et (logiquement) complexés par la génération précédente, celle « qui-a-fait-Mai 68 » (marque quasi-déposée) a pris en pleine figure l’arrivée du premier numéro d’un journal un peu crade, imprimé flou dans des couleurs délavées sur du papier dit recyclé (même si personne ne savait bien ce que ça pouvait recouvrir) qui leur a fait découvrir la contre-culture, l’underground et leur a donné l’impression de récupérer quelques miettes des outrances de cette fameuse génération précédente.

Ainsi, grâce à Actuel, car c’est bien de lui qu’il s’agit, mais le premier, hein, le révolutionnaire, pas le second, récupéré par les marchés, la pub et qui ressemblait à Paris-Match (oui, je sais, on ne touche pas à Actuel, Nova, tout ça. M’en fous, chuis un vrai rebelle sans cause, moi), grâce à Actuel donc, nous découvrions la contre-culture, l’underground, on l’a dit, les voyages, les substances, la révolution sexuelle (qu’il aurait fallu expérimenter d’urgence avant l’arrivée du sida) et… Crumb.

Dès le premier numéro, Crumb était en couverture et on allait le retrouver encore souvent, presque dans chaque numéro. Et pour cause, Robert Crumb était à lui tout seul l’inventeur d’une grande partie de la contre-culture.

Créateur de petits Mickeys particulièrement peu politiquement corrects, comme on ne disait pas encore à l’époque, Crumb révolutionne la BD en créant des comix (non, ce n’est pas une coquille : comix et non comics, le X est explicite!) qu’il vend au coin de la rue car les dépositaires traditionnels collectionnent les procès. Il faut dire que la vision que Crumb a de son Amérique des années 60/70 ne coïncide pas tout à fait avec l’American Way of Life qu’on tente alors d’exporter sur la planète. Avec une cruauté mâtinée de tendresse, Crumb croque une Amérique wasp puritaine, pudibonde et hypocrite, terrorisée par l’idée d’un réveil de ses minorités ethniques, elles-même plus intéressées par le fric que par leur reconnaissance humaniste, quitte à dealer d’immondes saloperies dans des partouzes qui commencent hype, puis virent au ridicule avant de sombrer dans le sordide absolu.

Personne ne trouve grâce aux yeux de Crumb, pas même lui-même puisqu’il n’hésite pas à se mettre en scène et illustrer ses propres névroses, ses obsessions sexuelles, ses fantasmes sur des femmes gigantesques, bien en chair, poilues et bien plus désinhibées que lui-même.

Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris a eu l’excellente idée de proposer une très riche, très illustrée et, semble-t-il, très complète, intitulée « Crumb, de l’underground à la Genèse« .

Jusqu’au 19 août prochain, il faut aller, et retourner, se plonger dans l’univers déjanté, dérangeant, mais surtout tellement drôle, de Robert Crumb, désormais paisible retraité, retiré du côté de Nimes.

A l’époque où le fait du prince fait lourder du service public deux humoristes sur leurs plus mauvaises blagues (coût pour le contribuable : 500 000 €, on s’en tire bien : c’est moins cher qu’un avion présidentiel…), à l’heure où des avocats vénaux, rêvant d’un monde procédurier à l’américaine, se jettent sur la moindre querelle pour lancer des procès à tout va, qui oserait encore publier, de nos jours, un auteur aussi provocateur que Robert Crumb ? Certes, on peut le ré-éditer, c’est de la culture, au fond, et puis ça commence à dater, presque à entrer dans l’histoire. Mais un nouveau Crumb, de nos jours, même vendant ses BD au coin de la rue, ne se ferait-il pas embastiller illico ? Transposons un instant cette BD où les « niggas » prennent le pouvoir et où le premier président noir impose une fellation à l’ex-first lady ? Vous imaginez le tableau ? Bon, bah oubliez-le immédiatement. Le simple fait d’avoir évoqué l’image dans votre cerveau est peut-être déjà devenu un délit entre le moment où j’écris ces lignes et celui où vous les lisez !

Oui, le monde a changé : la génération « qui-a-fait mai 68 » est actionnaire des agences de pub, pige à Libé et I-Télé, collectionne les « tribunes » dans les média et les jetons de présence dans les conseils d’administration. Actuel est mort deux fois et nous n’avons porté le deuil qu’une fois, Nova Press est un organe bobo et il a fallu qu’une loi démodée contraigne les média en cette fin de campagne électorale pour que le mot Révolution reprenne un peu de sens grâce aux prolos Poutou et Arthaud.

Alors grâces soient rendues (oui, multiples!) à la Ville de Paris et à son Musée d’Art Moderne pour avoir, en toute liberté, affiché tout le matériel disponible sur ce vieux sale gosse de Crumb dont les outrances, le dessin impeccable et l’inventivité débridée sont un baume de jouvence pour une époque rattrapée par la grisaille et le conformisme.

On peut même écouter Sébastien Gokalp, le commissaire de l’expo, en parler dans l’interview qu’il m’a donnée pour cette expo et que je diffuse sur la Radio Parisienne.

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La Radio Parisienne, une nouvelle aventure

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Tout a démarré très vite.

Il y a un formateur qui se plait à répéter depuis des années que c’est quand même incroyable que Paris, qui n’est pas la ville la plus morne de la planète, soit la seule capitale mondiale à ne pas avoir sa « radio capitale ». Ce même formateur, qui a la fâcheuse tendance d’être un peu persifleur, ajoute comme boutade que, évidemment, il y a déjà France Inter, mais c’est juste pour le plaisir d’être méchant.

A force de répéter ça, ce formateur (qui va rapidement arrêter de parler de lui à la 3ème personne de peur de se faire taxer de syndrôme-Delon !) s’est demandé pourquoi ne pas le faire lui-même.

Comme j’ai depuis constaté (allez, je tombe le masque) que la marque et le nom de domaine étaient libres, j’ai décidé que c’était trop bête de ne pas se lancer. Quelques heures plus tard, La Radio Parisienne était sur le net.

Rapidement rejoint par Corine Autey-Rousel, Ali Hammami et Jean-Philippe Guerand, puis par Isabelle Layer, j’ai commencé à remplir les programmes de cette radio curieuse et parisienne, à destination des Parisiens, des assimilés et des expat’s, pour qui j’ai mis des vrais morceaux de métro dedans, des plus anciens à la rame automatisée de la ligne 14.

Un mois après, le programme commence à ressembler à quelque chose, même si beaucoup de boulons restent à serrer. Et, presque chaque jour, je reçois de nouvelles propositions de collaborations diverses, venant de bloggeuses, de journalistes, etc…

L’idée, elle est simple. Installer tranquillement un vrai programme culturel digne de ce nom (même si le mot n’est jamais revendiqué à l’antenne), populaire et intéressant, pour le monétiser à court ou moyen terme. Pour montrer aussi, qu’on peut encore faire de la radio sans crier à 40 ans « caca pipi zob » et sans faire intervenir des éphémères gloires de la télé-réalité, qu’on peut encore prendre les auditeurs pour des gens intelligents (à peu près comme nous, quoi), curieux et ouverts et, peut-être surtout, qu’on peut encore inventer de nouveaux formats, sur de nouveaux supports.

De quoi l’avenir sera-t-il fait ? La RNT, plus arlésienne que jamais, finira-t-elle par s’installer sur nos vieilles ondes obsolètes ? Il faut le croire, l’espérer. Quels programmes les nouveaux fabricants mettront-ils dans leur tuyaux ? Qui y pense ? Ben nous, ici.

Et si on se plante ? Ben… tant pis, on se régale déjà, c’est toujours ça de pris, de nos jours. Ca vous tente, vous voulez en être ? Contactez-moi !

Maison de la Radio

Du respect de l’autre comme valeur obsolète. Ou pas.

Nous sommes au tout début des années 80.

Devant la salle d’attente de cet étage de la Maison de la Radio, de merveilleux happy few des média passent sans me voir, affairés, parlant haut et fort, importants.

Depuis deux heures, j’attends. Non que je sois arrivé deux heures en avance, non. Mais on a plus important à faire que de me recevoir à l’heure. Au fond qui suis-je ? Un ènième inconnu qui a fabriqué une petite maquette à domicile sur son magnéto à cassette et qui rêve de faire de la radio. Envoyé avec un CV vide ou presque (normal, je viens de finir mes études) à toutes les (quatre) radios de France. Quelques semaines plus tard, la secrétaire d’une « collaboratrice du directeur des programmes » m’a proposé un rendez-vous. J’ai quitté ma banlieue, fourgué mon gamin de 6 mois qui n’a pas de place en crèche et dont je m’occupe puisque je suis chômeur, pris le métro jusqu’à Ranelagh et marché dans le froid jusqu’à l’imposante bâtisse qui représente tant de fantasmes.

Et j’attends.

Au bout d’un peu plus de deux heures, on vient de me chercher. Madame F… va me recevoir, mais elle n’a pas beaucoup de temps, parce qu’elle est déjà très en retard. Oui, merci, je sais. Mais dois-je le répondre ? Jeune et inexpérimenté, certes… Mais je crois déjà savoir que ce serait mal venu. Je m’écrase.

Mme F… m’accueille. Glaciale, moue méprisante. Genre « alors, vous voulez faire de la radio ? ». Ben oui. Elle me pose deux ou trois questions sur ce que j’aimerais faire. Je n’ai jamais le loisir de beaucoup détailler, elle me coupe à chaque fois et me fait part d’une vérité qui vous a surement échappé comme à moi alors : ça a déjà été fait.

Oui madame. Même en 1969, quand Philippe Bouvard a lancé les Grosses Têtes, ça avait déjà été fait. Ca s’était appelé les Incollables. Passons, je m’écrase encore. Que faire d’autre ?

Bref, je vous la fais courte. En 20 minutes, la charmante Mme F… a le temps de comprendre que je n’ai pas une idée nouvelle et, de surcroît… que je n’ai jamais rien fait. Bien vu, là encore, finement observé: j’ai le culot d’être un débutant (enfin, un éventuel débutant)… qui, de plus, n’a jamais rien fait! Quel cuistre, faisais-je!

L’entretien se termine et je me retrouve dans le couloir, sans avoir bien compris pourquoi on m’avait convoqué. A part, peut-être, pour me laisser entendre que je ne ferais jamais de radio… A Europe 1, par exemple, ils avaient été bien plus courtois: ils avaient eu, eux au moins, la gentillesse de ne pas répondre à mon envoi!

Je passe sur la déception, la colère du moment. Deux ou trois jours après, n’y tenant plus, je fais un courrier au directeur des programmes de France Inter, le même à qui j’avais envoyé ma maquette, sans doute si inaudible. Je lui raconte l’entretien et, ne mettant jamais en doute qu’on n’ait aucun besoin de moi sur son antenne, je m’étonne de l’attitude de la personne qui me fait perdre une demi-journée en transports et attente pour s’essuyer les pieds sur la figure d’un parfait inconnu. Je lui demande, dans des termes très courtois, quelle a été la motivation de ce rendez-vous et si c’est là une habitude dans les bureaux du service public. Je me souviens avoir conclu en disant que rien là-dedans n’était très grave. Mais qu’il me semblait que ce n’était tout simplement « pas bien ».

Quelques jours plus tard, j’ai trouvé dans ma boite aux lettres une missive à en-tête de France Inter. Le directeur des programmes en question, ce grand homme, me répondait, figurez-vous. Ca aurait pu être pour me proposer un nouveau rendez-vous, avec quelqu’un d’autre. Voire avec lui. Non finalement, c’était pour se foutre de ma gueule. Si si. Avec talent, même…

Avec une ironie cinglante, ce héros de la radio d’état, me « remerciait de ma missive de dénonciation », de lui « ouvrir les yeux sur les agissements honteux de sa collaboratrice », etc… Une belle lettre, bien écrite, pour laquelle il avait pris le temps d’utiliser tout son bel esprit bien afuté. Si seulement, il avait pu utiliser ce temps pour recevoir lui-même l’un des nombreux petits jeunes qui cherchaient du boulot…

J’ai été un peu sidéré de cette réponse, autant le dire. J’ai longtemps gardé cette lettre avec l’envie de la lui faire relire 20 ou 30 ans plus tard. Ca m’a passé. Inutile de se fabriquer soi-même un ulcère.

A quelques temps de là, nouveau coup de fil. La sécrétaire d’Henri Agogué, à RTL, me fixait un rendez-vous avec son patron qui lui aussi avait reçu ma petite cassette faite à la maison. Pas toujours commode, m’a-t-on dit après, Henri. Il m’a reçu, m’a écouté et m’a fait faire une maquette quelques jours plus tard, à 9 h du matin, dans le studio que Maurice Favières venait juste de quitter, avec son équipe et son conducteur du jour. Une expérience inoubliable.

Henri Agogué me convoque quelques jours après. Il avait écouté. Son verdict : « Vous n’avez pas d’expérience. Allez apprendre votre métier sur la FM et on se reverra plus tard. » On se doute que c’est surtout la fin de la phrase que j’ai aimée !

J’y suis allé.

Il m’a fallu 18 ans pour revenir mais je suis revenu, même s’il était parti en retraite entre temps. A RTL, durant toutes ces années, personne, jamais, n’a considéré l’absence d’expérience comme une tare. De cet accueil d’Henri Agogué qui était une sorte de sauf-conduit pour entrer dans le métier, même si c’était par la petite porte, comme une autorisation à postuler encore et toujours à toutes les antennes de France, aux précieux moments passés dans le bureau de Jean-Pierre Lénan, merveilleux et séduisant secrétaire général de RTL qui m’avait repéré et m’accueillait dans son bureau pour des cours particuliers, au bureau/studio de Gaya Bécaud avec qui j’ai passé les séances d’enregistrement les plus drôles de ma vie quand il me répétait, en me faisant faire les promos de l’antenne, qu’ « ils allaient s’habituer à m’entendre » puis aux instants de complicité avec le toujours très élégant Alain Tibola qui m’a jugé prêt et m’a balancé, mort de trouille, sur le Stop ou Encore, sous l’oeil chaleureux de Claude Hemmer…

Deux approches du métier, deux façons de faire avancer le schmilblick. Vous allez rire: j’ai préféré la seconde.

Ah et puis tiens, pour finir en beauté, une dernière anecdote…

Vers 1984, animateur sur TSF 93, j’appelle Philippe Labro pour le recevoir en interview. A l’époque, Philippe est un réalisateur de cinéma fameux, il a présenté le 13 h d’Antenne 2 avec une décontraction et une élégance très… américaines! Il est aussi critique de cinéma à RTL. C’est là que je l’appelle. Je tombe sur sa messagerie et lui laisse un message. Sans grand espoir. Une heure après, alors que l’équipe de la radio est en réunion, la standardiste, sidérée, nous interrompt : « Remy, Philippe Labro, pour toi… » Stupeur dans notre sous-sol de Bobigny… Je file au téléphone, remercie Philippe de me rappeler. J’ai toujours sa réponse dans l’oreille : »Remy, je mets toujours un point d’honneur à rappeler les jeunes confrères qui me laissent un message… ». Confrère ? Vous avez dit « confrère », Philippe ? Grenouille, boeuf, tout ça… Tant pis, je profite.

J'espère juste que je n'avais pas cette chemise-là le jour où il est venu!

Philippe est venu, impressionnant, un peu froid. Première intervention, polie (de sa part), terrorisée (de la mienne, même si j’essaye de ne pas le montrer) et j’envoie le premier disque (je suis sûr que j’ai parlé d’une « pause musicale », terme que je déteste désormais). C’est Ma Jolie Sarah

Patrick Winzelle

Labro sourit, prend mon conducteur. Surprise : je n’ai programmé que des Hallyday, des chansons dont il est l’auteur. C’est mon pote Patrick Winzelle, spécialiste de la chanson française à TSF, qui m’y a fait penser une heure avant l’émission. Labro se déride et me fait une émission géniale.

Détail : dans l’un de ses bouquins autobiographiques où il raconte sa jeunesse, Philippe Labro raconte comment Lazareff lui a fait faire antichambre devant son bureau une journée entière… Oui, une journée. Ah, on est loin des deux heures de Mme F…, petite joueuse de France Inter. Une journée entière où le jeune Philippe Labro, qui n’avait encore rien fait, a attendu le bon vouloir du prince. Il raconte avoir décidé ce jour-là que lui ne ferait jamais cela et qu’il aurait du respect pour les débutants. C’est le même, bien sûr, qui est devenu le taulier respecté de RTL et je me souviens d’une stagiaire morte de trouille qui a vérifié un petit matin au téléphone qu’un Labro-PDG fou de rage était capable de prendre sur lui quand l’équipe de service un peu trouillarde (pardon, les copains, mais l’histoire est véridique!) la lui a balancé dans les pattes.

C’est extrèmement formateur, tout ça. Ca donne à penser.

Et ensuite… choisis ton camp, camarade !

 

Conférence Dimanche 5/2/12

Les webradios, Le Radio ! 2012

Conférence Dimanche 5/2/12

De g à d : Remy Jounin, Sebb Troquier, Olivier Riou & Alexandre Saboundjian

Ce dimanche après-midi avait lieu au Radio ! 2012 une rencontre entre Alexandre Sabjoundjian (CEO Radionomy), Olivier Riou (Hotmix Radios) et Sebb Troquier (Classic & Jazz) que j’ai eu le plaisir d’animer.

Le but était de faire le point sur la situation actuelle et de déterminer si (et quand) il y avait de l’argent à gagn… pardon l’état actuel de l’économie du secteur. Malgré les évidentes connivences entre les participants et le modérateur (ou peut-être justement à cause d’une certaine complicité), on a réussi à éviter la langue de bois et on a pu entendre que, si l’avenir est plein de promesses, ne serait-ce que, comme l’a justement fait remarquer Olivier Riou, parce que l’espace de développement est très large, le présent est encore incertain car le milieu publicitaire n’a pas encore bien pris la mesure de ce nouveau média. On a aussi entendu que ce nouveau support devait être considéré comme complémentaire des radios FM pour les campagnes publicitaires et que les annonceurs les plus importants commençaient sérieusement à y venir.

Toutefois, les avancées dans les mesures de comptage de l’audience, dans la connaissance que l’on a de ses auditeurs (connaissance réelle grâce aux IP et non plus estimation due à un sondage) permettent d’espérer enfin de voir les choses se stabiliser. Alexandre Saboundjian a pris le pari que le printemps 2012 serait décisif.

Dont acte…

elles

Philippe Aubert

Ne me demandez pas le pourquoi de ce billet…
Parce que j’avais envie,
« Parce que c’était lui, parce que c’était… »
Pour vous parler un peu de lui, à vous qui l’avez connu,
Comme à ceux qui n’ont pas eu cette chance.

 

Il faut bien que ça commence un jour…

 

Alors disons que ce fut ce fameux vendredi soir de 1978. J’attendais le ciné-club d’Antenne 2 en m’endormant à moitié devant « Apostrophes » que Bernard Pivot attaquait l’air un peu crispé. J’ai vite compris pourquoi. Le vieux pochtron dont les bouquins se sont si bien vendus grâce à son inconduite du jour, ce cochon de Bukowski était venu sur le plateau, passablement imbibé et accompagné de deux jolies copines pâles, deux bouteilles de blanc (d’Alsace si ma mémoire est bonne) qui finissaient de se réchauffer à côté de son fauteuil.

Pendant que les uns et les autres vendaient leur salade à un Pivot qui faisait semblant d’avoir tout lu, le vieux Charles a sorti son tire-bouchon et commencé à tâter du goulot. Peu de temps après, il tentait de fourrer ses mains sous les jupes serrées d’une bigote coincée qui n’en croyait pas ses yeux… et ne pouvait même pas, pour cause de direct, profiter de sa bonne fortune. Parce que pardon, mais on (enfin, je dis on… Drucker!) nous ressort régulièrement le « scandale » Gainsbourg déclarant « I want to fuck you » à la sublime Witney Houston, mais bon, il avait peut-être picolé, Lulu’s father, mais il n’était pas miro ! Alors que Bukowski… bref.

L’émission (j’explique aux plus jeunes qui n’étaient pas nés, et qui s’en foutent de toute façon parce qu’un abruti de la télé réalité à forcément fait plus de buzz depuis) part un peu en eau de boudin parce qu’il faut finalement expulser de force le SDF de luxe, ce qui lui donne une aura et l’empêche de dire trop d’âneries (d’où une vente qui décolle). Dans la foulée, arrive le dernier journal, présenté (enfin disons plutôt : animé) par Gérard Holtz. Un gégé tout minet, cheveux longs, pas encore buriné pas des années de piste… et hilare ! En effet, son studio d’info ayant, nous explique-t-il, pris feu quelques instants plus tôt, il en est réduit à présenter son journal depuis le studio des speakerines! Et comme il dit avoir assisté à la panique chez Pivot, il est mort de rire. Ne me demandez pas quand il écrit son JT. Bref, on le retrouve dans le studio des speakerines et…

3 des plus célèbres speakerines de la tv

Comment, Jeune? Ah, alors… Speakerine… 

Comment dire, et bien vois-tu, c’est une espèce de demi-femme éteinte depuis. Oui, demi, j’y tiens. Des femmes-troncs chargées de présenter les programmes avec tact et élégance. Des êtres à la coiffure souvent improbable, aux bras croisés et sans jambes. Si si, je t’assure, sans jambes. Une fois, l’une d’entre elles a-t-elle eu l’outrecuidance de se les laisser pousser. Que croyez-vous qu’il arriva? Qu’on les lui coupa? Non (on coupe les pattes chez le coiffeur tout au plus mais même Laurent Romejko vient négligé dans le poste maintenant, tout fout le camp!) Non, on la vira, immédiatement. Nul en France n’ayant dû imaginer qu’elle pouvait posséder des genoux! Ah mais oui, jeune, on savait rire, dans la France de Giscard! Il y avait même un ministre chargé de tout ça. Il s’invitait de lui-même chez Zitrone pour présenter la grille de rentrée ! Mais ceci est une autre histoire.

Gérard Holtz

Revenons à notre gégé qui nous présente avec son flegme (et ses approximations) habituel(les) une erzatz de JT quand, subitement, le logo (ignoble et) tarabiscoté de la chaîne accroché à un clou derrière lui sur le décor comme le portrait de l’oncle Emile dans la chambre de votre grand-mère, se détache et s’écroule derrière lui dans un fracas qui lui fera mimer de façon prémonitoire la trouille de BHL en visite dans Sarajevo à l’écoute d’un bouchon de champagne… Bref, on retrouve notre gégé natio accroupi devant la caméra, les bras sur la tête, heureusement rapidement suffisamment mort de rire pour abandonner définitivement toute véléité de journalisme sérieux.

Logo Antenne 2

Je n’ai aucun souvenir du film programmé ensuite dans le ciné-club d’Antenne 2 (raison pourtant, qu’on s’en souvienne, de ma présence devant l’écran) mais, à ce moment-là, j’avais déjà passé une bonne soirée.

Et cette bonne soirée, j’ai eu très envie de la revivre grâce à la verve de celui dont, depuis déjà quelques temps j’appréciais les chroniques dans l’excellent magazine de Pierre « Bonsoaaar » Bouteiller, sur France Inter en fin de journée, je veux parler de Philippe Aubert. Donc, le lundi suivant, me voici dès 18 h, à l’écoute de la radio d’état et, ô bonheur, Bouteiller en vacances a laissé les clés à Philippe qui va animer toute l’émission. Et, comme je l’espérais, il attaque bille-en-tête sur la soirée du vendredi d’Antenne2 avec cette verve et cette gouaille qui font que l’épisode, déjà connu, gagne encore en drôlerie quand c’est passé par le prisme de son esprit. Oui, racontée par Philippe, l’histoire, juste parce que c’est lui qui la narrait, prenait encore plus de relief. Sauf que…

Sauf que, au bout de quelques minutes d’émission, c’est le blanc à l’antenne. Moi je suis dans ma première voiture, je n’ai pas toute confiance en mon autoradio et c’est le service public quand même. Je teste… RTL et Europe sont bien là. Sur la fréquence d’Inter, rien. Du blanc, interminable. Mais du beau blanc, vous voyez, de ceux que nous prodiguent les meilleurs émetteurs, bien réglés, quand aucune modulation ne leur parvient. Il se passe bien 2 à 3 minutes, une éternité, donc, avant qu’une ignoble muzak de prisu envahisse ma bagnole. Tiens, un fonctionnaire de la régie finale s’est réveillé et a fait tourner le secours prévu et calé sur une platine depuis que le président Lebrun a inauguré la Maison de la Radio! Se passent encore quelques minutes dans une ambiance digne d’une vente flash d’un Monoprix de banlieue qui n’a pas les moyens de s’offrir les services de Gilles Tessier et, dans un shunt un peu pourri, mon Philippe revient, un air de grande hilarité ayant remplacé dans sa voix son ton humoristique so british habituel, nous expliquant qu’on ne devrait jamais se moquer des petits camarades car, quand nous avions été assailli par le blanc à l’antenne, lui-même s’était retrouvé plongé dans le noir le plus complet, le studio ayant été disjoncté par une main maladroite (aujourd’hui, on parlerait aussitôt d’attentat mais on n’avait pas ce genre de parano à l’époque) et néanmoins anonyme.

J’étais alors étudiant en sciences éco pour une raison qui m’est encore aujourd’hui un peu obscure puisque je savais déjà depuis plusieurs années que je voulais bosser en radio.

 

En 1987, Europe 2 va commencer sa deuxième année d’existence, j’attaque ma deuxième saison de morning.

 

Oui, Jeune, quoi? Ah oui, oui bien sûr… Alors Europe2, comment dire…? Europe2 était un réseau national qui marchait très bien avant que des stratèges de haut niveau en fassent Virgin Radio. Si, jeune, ça existe, Virgin Radio, je t’assure. Enfin, à l’heure où j’écris ces lignes, ça existe toujours. Bref, Europe2, donc…

J’ai obtenu de haute lutte de ne commencer qu’à 6 h du matin (contre 5 h l’année d’avant alors que j’animais aussi les nuits du week-end sur Europe 1!). Je serai bientôt viré de mon petit boulot à la maison-mère, tandis que « le programme magique » va commencer à sortir de l’anonymat pour devenir « le programme Europe 2″. Le matin, j’aère en grand le studio qui a connu les excès de la nuit, pour chasser des odeurs que je vous laisse imaginer multiples et (a)variées… J’entends encore, de l’autre côté de la cour, le réalisateur du morning d’Europe 1 (« Jounin ! Baisse ta musique !!! »)… Eh, je fais un morning de 3 heures, aux multiples décros-raccros, tout seul. Merci de me laisser me débrouiller pour rester éveillé, hein? Et donc, pour cette rentrée, on m’apprend que je vais avoir la visite quotidienne de Philippe Aubert (!!) qui, après sa prestation chez les grands, viendra faire le kéké chez nous, avec moi. Il y aura la chronique télé mais il y aura aussi ses mémorables chroniques sur les femmes.

Ainsi, comme ma mère le jour où elle a entendu Mme Soleil me dire « Bonjour Remy » sur Europe1 (sans imaginer une seconde qu’elle avait enregistré ça sans me voir ni savoir qui je suis) s’est dit que, finalement, j’allais peut-être réellement en faire mon métier, c’est sans doute grâce à cette complicité quotidienne avec Philippe que je me suis senti enfin passé de l’autre côté du miroir.

Il y aurait sans doute des milliers d’anecdotes à raconter sur ces petits bouts de bonheur quotidien, pour nous, les jeunes de la FM, comme pour lui, me semble-t-il, qui se ressourçait avec nous. Philippe apportait chaque matin sa bonhomie, son humour indestructible, son culot monstrueux et, en même temps sa formidable élégance. Je revois très bien l’entrée majestueuse de Philippe dans notre rédac tout au bout du couloir, où tous ceux qui se levaient tôt l’attendaient avec impatience. Ca devait même pousser ceux qui font des horaires normaux à ne pas arriver trop tard. Il y avait presque une légère forme de jalousie entre « eux » qui l’accueillaient pendant que je gérais l’antenne au fond du dernier studio tout au bout du dernier couloir et le retenaient jusqu’au dernier moment et moi qui étais le seul à partager cette complicité quotidienne à l’antenne mais qui devais attendre qu’ils le libèrent enfin. Ridicule? Bien sûr, mais symptomatique de la puissance de sa présence.

Très rapidement, car c’était un homme respectueux des autres, il a voulu que je fasse plus que le lancer chaque jour. Nos échanges sont devenus un show en soi, autour du thème qu’il avait artistiquement ciselé. Il y avait comme une sorte d’émulation dans nos échanges et il n’a sans doute jamais imaginé comme c’était valorisant pour moi qu’il accepte, voire, provoque ainsi la joute. Non que la différence d’âge fut énorme. Mais la différence de métier, de talent, évidemment. Pourtant, je ne lui servais pas la soupe, non mon rôle était plutôt celui d’un sparring-partner chargé de prendre des coups (mais protégé quand même) pour la gloire de son champion.

A une époque, Philippe avait posé la règle suivante: en arrivant en studio, il me dictait le lancement et la relance. Mais il ne me disait rien du sujet. Et, très rapidement, il a pris l’habitude de me faire dire une relance à laquelle il pouvait objecter un truc du genre: « mais non Remy, vous n’y êtes pas du tout… ! », me faisant (gentiment) passer pour une andouille. Alors, je suis rentré dans le jeu et je me suis mis à improviser sur cette relance, l’obligeant – lui aussi – à partir en impro alors que tout était précisément écrit. Qui d’autre aurait pu accepter de bonne grâce d’être ainsi déstabilisé et de se mettre en danger? Au contraire, Philippe a pris encore plus de plaisir à cette deuxième partie, en raison évidemment de l’acuité d’un esprit qui fonctionnait suffisamment rapidement pour me laisser encore sur place. Cette dynamique entre nous fonctionnait et elle plaisait. A une époque, certaines stations locales enregistraient ce moment pour le rediffuser plus tard dans la journée.

Je me souviens aussi du jour où nous avons invité Philippe à être la « star » du Programme de Star, que j’animais le dimanche, avec le Top Album. Un Philippe en roue libre totale, ravi d’être là, hilare et hilarant. Mais on a a arrêté l’enregistrement au bout de 20 mn et réécouté (à ma grande fierté, c’est moi qui l’ai voulu, pris d’un doute). L’émission était un immense private joke, l’un et l’autre rigolant des blagues pas encore lâchées mais déjà pressenties et déjà répondues! Une sorte de duo tourrettien pour autant que ça soit possible. Heureusement, ce n’était pas du direct. Et pour moi, rudement formateur.

Nous connaissons tous, dans ce métier, de ces chroniqueurs ou invités, plus ou moins people, dont l’interview nous laisse épuisés car il a fallu en permanence garder le contrôle d’un vaisseau que l’autre veut vous ravir juste pour vous prouver que, s’il a plus de notoriété que vous ben y’a une raison, tout ça… On pourrait balancer des noms, mais ce serait l’objet d’un autre billet. Car Philippe n’en serait jamais. Philippe était d’abord un être délicieux et j’ai vécu sans le comprendre alors des moments magiques, grâce à lui. En fait, la différence que je voyais entre nous (et qu’il ne mettait pas, lui), l’admiration que je lui vouais, a occulté à mes propres yeux la naissance d’une amitié.

Des années plus tard, après un voyage compliqué, j’arrive directement de Roissy pour animer le morning de Chérie FM. Je viens, pour la première fois de ma vie, de passer une semaine à New-York. Mes yeux sont encore pleins d’étoiles et d’angles droits, l’odeur du Roosevelt Center, les fumées des égouts dans China Town et la grâce de Joana Lumley (en repos d’Ab Fab) croisée sur la 5ème Avenue sont autant d’images qui m’enveloppent totalement quand un délicat personnage me demande: « Tu l’as connu, toi, Philippe Aubert? ». Moi, pris de court : « Oui… ». « Ben il est mort hier. » Délicat, je vous disais…

Inutile de vous dire que mon kaléidoscope interne a volé en éclat. A mon licenciement d’Europe2 (effectué en un quart d’heure avant la fin de ma tranche parce que le chef avait un déjeuner… en ville), Philippe m’avait invité à boire un coup au Café Mode (qui ne s’appelait pas encore comme ça à l’époque mais dont la terrasse était déjà la plus proche de la radio côté soleil). Puis nous étions restés en contact, nous téléphonant de temps à autres. A l’époque, mon fils (qui ne savait pas grand chose de la profession, c’est son excuse) voulait devenir journaliste (toutes les bonnes familles ont leurs secrets douloureux…). Philippe l’avait pris sous son aile, il appelait à la maison et lui filait des devoirs, un papier à faire sur tel ou tel sujet. Ils ont aussi parlé de Sciences Po. Je me demande si les conseils et anecdotes de Philippe n’ont pas poussé mon fils a être l’emmerdeur qu’il a été pendant ses 3 ans rue des Saints-Pères…

Parce qu’il n’avait pas sa langue dans sa poche, Philippe. Sa manie des surnoms, par exemple, lui a sans doute coûté très cher et je ne m’étendrai pas sur ce qu’on lui a fait vivre professionnellement, sachant ce qu’il vivait personnellement… Les gens de radio ont intérêt à avoir le cœur solide, Harold Kay dont j’avais tant aimé tellement les visites le samedi et le dimanche matin à 4 h 45 alors que je finissais et qu’il allait démarrer me l’avait déjà démontré, à ses dépens.

Donc, des coups de fil, irréguliers, l’envie de se voir, toujours repoussée, le temps qui file, l’éloignement, la galère, la vie privée qui mine et je n’ai jamais eu le temps de dire à Philippe ce qu’il représentait pour moi, pour nous, l’autre génération. Il ne se passe pas beaucoup de jours depuis sans que j’ai une pensée pour lui. « Son trou dans l’eau jamais n’se referma » chanterait à peu près Brassens et c’est clairement ça. 

Et comme si j’ai illustré ce billet avec la plus moche des couvertures de bouquin jamais inventée (franchement Philippe, un T-Shirt Batman pour rencontrer Elle McPherson, ton idéal féminin???), c’est pour mieux m’offrir le plaisir de sa dédicace ou Philippe parle de « complicité »… et d’amitié.

Radio Brassens

Radio Brassens

En 1985, grâce à Michel BriRadio Brassensllié, alors Directeur des Programmes d’Europe 1, je mets enfin les pieds rue François 1er. Grâce à lui, je vais boucher des trous, animer des nuits, faire des « Europe Stop » sur les bords de route, lancer « Sacco » depuis le Mexique (pour la Coupe du Monde de Foot), remplacer Jean-Loup Laffont sur le 5/7, etc…

Puis, à la même adresse, il y aura le lancement d’Europe 2. A l’époque, pour ce nouveau programme, je touche à tout. Et je suis notamment chargé de dupliquer des cassettes. Le seul appareil de la maison est dans le petit corridor qui mène au bureau de l’être le plus charmant du monde, et qui pourtant m’impressionne beaucoup.

Claude Wargnier, alors directeur technique d’Europe 1, l’oeil pétillant, compétent, séduisant, drôle, est installé là, à côté de la photo (pas encore si fameuse) de la rencontre Brel/Ferré/Brassens et on raconte qu’il était là, qu’il était ami de Brassens. Pour les gens de ma génération (ceux qui les ont vus à la télé tous gosses mais les ont loupé sur scène), c’est juste mythique.

25 ans plus tard, alors que, pour mon plus grand plaisir, j’ai recommencé à travailler avec Michel, voilà qu’il m’apporte sur un plateau le projet Radio Brassens. Et c’est ainsi qu’après des mois de réflexion, nous l’avons mise en ligne et que mon nom se retrouve accolé à celui de ces deux grands pros.

Et je n’en suis pas peu fier !

Video (toujours pas) killed the radio star…

C’était la nouvelle de la semaine : la RNT débarque à Lyon, on va voir ce qu’on va voir et rugir de plaisir (je sais, désolé).

Annoncée sur le Net, reprise sur Facebook, renvoyant sur un site magnifique tellement officiel qu’il est créé par un marchand de ce matériel dont personne n’a que foutre… Bref.

Que ne nous a-t-on seriné sur les bienfaits de la RNT à la française (comme d’habitude, tout est dans ce « à la française » !) !? Qu’on allait avoir des données associées !
- Des quoi ?
- Des données associés, lamentable béotien !
- Ca sert à quoi vu qu’on interdit le RDS défilant ?
- Cuistre anti-progrès ! Ca donne la météo, l’heure… Les pochettes des albums !
- Non, les pochettes des albums ?
- Voui.
- Sans rire ?

Eh oui, on modernise la radio, on la numérise… pour montrer les pochettes des albums. Et ça à l’époque où la musique se dématérialise, où – en français simple – on achète plus de fichiers audios que d’albums… dans leur pochette. C’est pas du up-to-date, ça ?

- Mais tu es de mauvaise foi, Remy ! (bon, ça s’est vu) La RNT sert aussi à multiplier le nombre d’opérateurs !
- Ah chouette, les radios existantes n’arrivent pas toutes à vivre mais on va les multiplier…

Et ainsi, dans cet exemple de modernisme « à la française » (voir plus haut), on a vu que ce qu’on a vu. Grâce à cette expérience de RNT, les Lyonnais (à condition de s’équiper d’un nouveau poste de radio évidemment) vont recevoir… 15 radios ! Si si, vous avez bien lu.

Faut vraiment commenter ? Ou certains, que je ne citerai pas mais suivez mon regard torve, se foutent un peu de nous ?

Au passage, pendant ce temps-là, mon ami Michel Brillié vient de faire un truc essentiel qui, s’il ne va pas révolutionner le monde de la radio, fait un bien fou à nos oreilles. Il a créé Radio-Brassens. Ca veut dire que, quelle que soit l’heure, quel que soit le jour, quelle que soit notre humeur, il y a moyen de revenir quand on veut, à l’essentiel : Brassens.

Et là, la webradio est irremplaçable. Pas besoin, pour l’instant du moins, d’inventer un nouveau tuyau pour enrichir des marchands. On va sur www.radiobrassens.com, on trouve un pauvre site web tout simple (eh, je sais ce que je dis : c’est moi qui l’ai fait!) et on écoute Brassens qui chante, qui parle, qui râle, qui est chanté par d’autres, etc…

Et ça, ça fait vraiment du bien. Essayez, vous verrez.

D’ailleurs, l’idée n’est pas neuve. Sur le portail Radionomy, la radio la plus écoutée a longtemps été Radio Mozart. L’avantage, c’est qu’on n’a pas trop à se casser la tête par rapport à la promesse ! Alors oui, bien sûr, Mozart, Brassens (et peut-être demain Renaud ou Coluche…), ce sont des niches. Et c’est pour ça qu’on ne demandera pas au support (le web) de venir tuer ou remplacer le précédent (la FM). Ils se complètent, c’est tout.

Malgré tout, pour l’instant, elle est où la radio numérique ? A Lyon ? Ou sur mon lecteur numérique (ordi, smartphone, radio wifi, psp, etc…) ?

Oui, il me semble bien aussi.

 

 

 

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La Radio de la Mer, Histoire d’un rendez-vous manqué

Depuis des semaines, des messages plus ou moins fielleux fleurissent sur une libre-antenne réservée aux « professionnels de la profession ». On y a même publié récemment comme une participation de ma part à un « forum sur les radios en Bretagne » (sic) ce qui était en fait une réponse envoyée à un auditeur, apparemment bidon. Pour quelle raison une aussi petite radio déchaîne-t-elle autant les passions? Voila une question à laquelle je n’ai pas la réponse (en un mois, cet article a déjà été lu plus de 80 fois). Mais, pour répondre à ceux qui se posent de bonne foi (les autres peuvent passer leur chemin) la question de l’absence de programme depuis début 2011 sur La Radio de la Mer, voici quelques précisions.

Au début était le chaos…

Une première équipe, après avoir porté (sans doute trop) longtemps un projet, se voyait en mesure de le concrétiser, mais dénaturé.

Perdue, cette équipe tente tous azimuts de faire rimer ses fantasmes avec la réalité. Mais la radio rêvée en AM sur Paris ne trouve pas son public en émettant en FM sur les côtes nordistes et ouest du territoire.

Alors, les marchands entrent dans le temple. C’est du moins ainsi que l’on vécu quelques intégristes de la première heure. Je ne reviendrai pas ici sur les désillusions qui furent les leurs. Oui, leur programme était original. Mais les faits et les chiffres sont têtus et les quelques fans indiscutables qu’ils avaient accrochés ne leur ont pas permis de mettre du fuel dans la chaudière du navire.

La belle année…

Alors arrive le Groupe Contact qui m’en confie la direction des programmes, puis la direction tout court et c’est la mise en place de mon programme. On va nous traiter de tous les noms, nous mépriser, nous souhaiter d’aller dans le mur. Pourtant, je l’ai déjà dit : dans la mesure du possible, ce sont les idées de Jean-Michel Brosseau, que je tente de mettre en musique, dans une musique commerciale, facile à écouter, séduisante et rassurante, avec l’aide de David Batiste qui fabrique le format musical.

Et ça marche, ça prend. Mais ça coûte cher, et c’est difficile à vendre pour des gens qui ne sont pas installés localement et ont l’habitude de la musique de jeunes.

Juillet 2010, les chiffres sont formels, La Radio de la Mer décolle. Ca y est, les acteurs locaux nous connaissent, nous prennent au sérieux, nous proposent des partenariats. Les « voileux » sont ravis de participer, les invités prennent l’habitude du chemin de notre studio… (Que n’a-t-on entendu sur le fait que le studio est à Paris !!!… C’est-à-dire pile à mi-chemin entre Dunkerque et Les Sables d’Olonne, et là où nos invités passent souvent ou sont basés !)

Au Radio 2010, la Radio de la Mer est 3ème radio régionale de l’année, à la surprise générale. Autre signe qui ne trompe pas : les visites sur le site internet de la radio ont explosé, nous plaçant en 50ème position des 127 radios du GIE des Indépendants, entre des radios dont l’audience hertzienne officielle est bien plus élevée que la nôtre, ce qui prouve à quel point, notre radio « vaut » déjà beaucoup plus que le score officiellement trouvé fin juin par Médiamétrie (qui, signalons-le au passage, ne sonde pas 3 de nos 8 fréquences !). En novembre, je suis au milieu des patrons des radios du GIE des Indépendants et tout le monde connait La Radio de la Mer. Un concurrent direct me dira : « C’est un beau produit. »

Le commencement de la fin…

Mais, la régie du Groupe devant la Radio de la Mer, c’est toujours une poule qui a trouvé un couteau. Or, la crise est là, les autres investissements de l’actionnaire principal ne lui ont pas réussi et le mot d’ordre est de baisser les coûts à tout prix. Je rogne, je jongle, je déplace ceci, j’invente des cache-misère. A la rentrée de septembre 2010, alors qu’on m’a demandé de me passer d’un poste, je joue tellement avec mon budget que j’arrive tout à la fois à satisfaire mon actionnaire et à ajouter tout de même une tranche dans la grille, pour étoffer le programme. Mais les difficultés techniques sont là, il faudrait investir pour repartir et la décision tombe : Contact jette l’éponge et tente de vendre la radio.

L’agrément du CSA se faisant attendre, une partie des CDD arrivant à échéance fin décembre 2010, l’actionnaire a décidé de ne renouveler aucun de ces contrats tout en insistant bien sur le fait que l’équipe a rempli son contrat et a fabriqué une belle radio.

Alors voilà pourquoi, en ce début d’année 2011, il n’y a plus que de la musique à l’antenne, en attendant la décision du CSA.
Quelle que soit cette décision, d’ailleurs, la Radio de la Mer que certains commençaient à aimer, n’existe plus. L’équipe est dispersée : David Dumont, le rédacteur en chef et cheville ouvrière de la radio est à Rodez, Pauline Rossignol à Compiègne, les autres se recaseront rapidement.

A tous, il restera de beaux souvenirs car, comme l’a joliment dit Michel Brillié, le plus jeune des retraités de ce milieu, qui nous a fait l’honneur d’être notre mentor dans cette aventure, ce fut une « belle histoire de radio et d’amitié ».

De gauche à droite : RJ, Samir Mathieu, David Dumont, Céline Da Costa, Stéphane Mallard, Joris Herda, Pauline Rossignol & Alexander Hénon

(Mise à jour, mars 2011) Le CSA a rendu son verdict. La radio change de mains et d’orientation. A lire ici.

(2ème mise à jour, mi-avril 2011) Je suis installé dans les locaux de Oui FM, le temps pour moi de passer le témoin au nouveaux propriétaires. Les émetteurs ont redémarré, les premiers décros La Radio de la Mer – Programme Oui FM ont lieu tous les jours de 9 h à 13 h.

(3ème et dernière mise à jour, 8 juin 2011) Ma mission est terminée. Je quitte la Radio de la Mer en bonne intelligence avec Oui FM.

Télérama 1991

Souvenirs, souveniiiirs…

En vrac, quelques photos et coupures de presse…

Télérama 1991

Télérama 1991

Et pour commencer, le morceau de bravoure avec le bien joli article que m’avait consacré Anne-Marie Gustave dans Télérama (version pdf en cliquant sur : RJ_Telerama1). Ca avait continué, sous la plume de la même, avec ça, quand je suis arrivé à Chérie FM :

Télérama 1994

Ca, je ne sais plus du tout d’où ça vient, mais en anglais, ça le fait toujours !

La plus ancienne photo de ma collec’… Ca doit être dans les premiers jours de TSF 93.

Bobigny, dans un sous-sol en 1982.

TSF 93, Bobigny

Dans les années 90, Toute l’équipe de Chérie FM est allée se peler sur les pentes de Serre-Chevalier. J’y ai interviewé Luc Alphand en direct sous la neige. Lui, c’était son élément…

Sous la neige à Serre-Chevalier

Je préférais largement la chaleur des sunlights de la scène du Visionarium de Disneyland Paris. Là, c’est avec l’équipe du Film « Yvan 1, Delphine 0″ (ou l’inverse, d’ailleurs…)

Chérie FM à Disneyland Paris

Un saut en 1998: c’est ma première mission à l’étranger. En 15 jours, je suis balancé quasi à poil au Vietnam. (lire à ce sujet cet article) 24 h de voyage (va savoir pourquoi on passe par Saïgon pour aller à Hanoi), j’arrive décalqué et il me faut un 1/4 d’heure à tout casser pour tomber amoureux de ce pays.

Là, c’est la photo très officielle de l’inauguration de la formation, dans la grande salle de réunion de la radio nationale, avec les dirigeants…

1998, Voice of Vietnam

Puis, la photo de groupe, au soleil sur les marches de l’immeuble de la radio (somptueuse ancienne maison coloniale comme le gouvernement vietnamien aime à les conserver) :

1998 - Voice of Vietnam, l'équipe de stagiaires et la Direction Générale

Enfin, toujours très protocolaire, la remise des diplômes, au bout de 2 semaines de travail acharné :

1998 - Voice of Vietnam

logo12

1 franchise + 1 ordi = n’importe quoi…

Quand on entend c’qu’on entend, on s’dit qu’on a raison d’penser c’qu’on pense…

En Martinique, il y a, quelque part, un ordinateur qui se prend pour une radio. Ca s’appelle Nostalgie Martinique et ça diffuse de la musique locale : zouk, zouk love, biguine, reggae, etc… Le tout, avec strictement le même habillage que sur Nosta en métropole. Je vous laisse imaginer comme ça colle bien avec la programmation locale (dont on peine d’ailleurs à trouver la logique) ! Voila qui, au delà de l’évident n’importe quoi, pose bien le problème récurrent des marques et franchises.

Après le pitoyable épisode du changement de nom d’Europe 2 qui a tant fait hurler mes anciens camarades du Programme Magique (voir à ce sujet l’échange que nous avions eu à l’époque sur son blog avec Denis Florent) et dont on a pu voir le résultat probant (comme si la marque Virgin était intéressante pour le grand public français), c’est l’exportation directe d’un habillage conçu pour un programme spécifique et appliqué sur un autre qui n’a rien, mais alors vraiment rien à voir, qui est en cause. Du coup, ça aurait même tendance à mettre en avant la médiocrité dudit habillage (qui a fait éclater de rire devant moi quelqu’un qui parle vraiment anglais). Un jingle (français de surcroit) composé pour être glissé entre Dave et les Bee Gees, ben devant Kassav, vous le croirez ou non, ça ne le fait pas du tout ! Mais bon, une fois encore, il y a un crâne d’oeuf qui a dû penser que c’était assez bon pour les îles.

Et, évidemment, le CSA, ça ne le défrise pas une seconde, qu’une fréquence soit bloquée pour un ordi qui diffuse de la zik, un habillage complètement à côté de la plaque… et de la pub, évidemment, sans qu’on entende une seule voix humaine à l’antenne. Parce que si certains ont tendance à déplorer le voice-track, ben là au moins, ce serait un bon début !

Mais… « on ne va pas déstabiliser le marché » en demandant aux opérateurs de ne pas se foutre du monde, non plus !

Autoprogrammation et inventivité…

Le Radio 2010

Mardi 19 octobre, 17h15-18h30 Programmer sa propre radio : quel avenir ?

Il existe plusieurs manières de créer sa propre radio et de la diffuser sur l’IP. Existe-t-il un auditoire suffisant pour ce genre de pratique ? Existe-t-il un modèle économique pour les meilleures autos-programmateurs ? Quels sont les outils existants pour programmer une radio aujourd’hui ? Quelles sont les règles et ces règles évoluent-elles avec les avancées technologiques ? Ce débat réunira des créateurs, des éditeurs de logiciels et des professionnels de la programmation musicale.

Débat (passionnant, évidemment !) ce mardi après-midi au salon Le Radio. Etaient présents des représentants de Radionomy (Valérian Meunier et Alice Girard), de Saooti (Laurent Hué) et de MX Labs (Samuel Wuillermoz) ainsi que deux représentants émérites (!) de la radio « à l’ancienne » : Bruno Witek et moi-même (tout à la fois « modérateur » sans modération du débat et partie prenante). La question était de savoir – en gros – ce qu’on allait faire de ces nouveaux outils, développés par des techniciens qui ne sont pas toujours des gens de radios et comment des gens de radio peuvent utiliser ces nouveaux outils.

Parmi les pistes proposées, il y avait d’abord le fait d’explorer le domaine de la parole – et on a fait un audacieux rapprochement avec la FM du début des années 80 – avec une grande maîtrise de son flux. De façon paradoxale, on a constaté aussi que les webradios, malgré leur diffusion mondiale, trouveraient sans doute leur salut dans la proximité. Comme la pub ip-localisée, la radio sur le web sera peut-être le lieu de la radio « super-locale ».

A part ça, force est de constater (comme disent nos amisjournalistes) que ces nouveaux outils développent parfois une nouvelle façon de parler mais pas encore une nouvelle façon d’écouter. D’où les difficultés de déterminer un modèle économique. A part Saooti qui vend ses solutions (*), les autres systèmes, tout comme leurs utilisateurs, d’ailleurs, cherchent encore leur équilibre financier. Doit-on d’ailleurs réduire le financement de ces nouveaux médias au vieux système de la pub audio ? Rien n’est moins sûr.

Vous pouvez réécouter ça ici:
http://satisleradio.streamakaci.com/leradio-2010-10-19-17h15.mp3 http://satisleradio.streamakaci.com/leradio-2010-10-19-17h15.mp3
Podcast

Remy Jounin, modérateur du débat

Mardi 19 octobre, 17h15-18h30 Programmer sa propre radio : quel avenir ?

Il existe plusieurs manières de créer sa propre radio et de la diffuser sur l’IP. Existe-t-il un auditoire suffisant pour ce genre de pratique ? Existe-t-il un modèle économique pour les meilleures autos-programmateurs ? Quels sont les outils existants pour programmer une radio aujourd’hui ? Quelles sont les règles et ces règles évoluent-elles avec les avancées technologiques ? Ce débat réunira des créateurs, des éditeurs de logiciels et des professionnels de la programmation musicale.



Mon CV

(Cette page reprend en la développant « L’Histoire » racontée sur la page d’accueil de ce site)

D’abord, (on est fin 1982) il y a eu TSF 93, la grosse radio locale, celle où Jacques Canetti (mon premier invité en direct) m’a dit un jour « en fait, vous revivez l’aventure d’Europe 1″. Embauché comme réalisateur quelques semaines avant le lancement de la radio, je saute sur un micro vacant le jour du lancement et je ne le lâcherai plus. Là, je ferai tous les métiers : réalisateur, animateur, programmateur musical, directeur d’antenne, responsable des opérations extérieures. Un jour en direct à la Fête de l’Huma avec un reportophone, le lendemain en studio avec des kilomètres de bande magnétique. Formidable école…

Puis, directement, la plongée dans le grand bain avec l’arrivée rue François 1er. Les nuits des week-ends sur Europe 1, les Europe-Stop en direct sur les routes de France et les premiers remplacements sur les mornings. Vint ensuite la création d’Europe 2 (où je fus le premier à ouvrir le micro du Programme magique ), avec les Programmes de Stars, les Top-Albums et les mornings, déjà, beaucoup. Pendant plus d’un an, je suis 7 jours sur 7 rue François 1er. La semaine, le matin très tôt sur Europe 2, le week-end, très tard, sur Europe 1. Le monde des ondes m’appartient !

Dans le même temps, je fais mes premières armes sur Radio-Classique. Pendant une saison, je serai à la même heure sur Europe 2 et Radio-Classique, deux exercices complémentaires. Et les premières voix pour des films d’entreprise.

Fin de la première période d’Europe 2, j’arrive à Chérie FM. Trois saisons sur le 16/19, trois ans de vacances, de rigolade, d’amitiés nouvelles, d’interviewes de stars, de jeux avec les auditeurs. C’est un immense bonheur, entouré de fous-rires et de filles formidables : Coralie, Nathalie, Séverine, Barbara… Et les amitiés : Bruno, Fred… Et la radio qui passe de 2 à 6 points dans les sondages. Et toujours des voix off, avec les premiers docs pour la télé.

Eté 97 : réalisation d’un rêve de gosse. Je suis sur RTL : Stop ou Encore, Duel au Soleil… Les boss du groupe NRJ (Pallain, Sabot) ont été grands seigneurs : « Tu veux y aller ? Tente ta chance, et bonne chance…  » Fin de l’été, RTL m’aime bien… pour les vacances, on se reverra. Et retour à Chérie FM, pour le morning, à nouveau, ma spécialité finalement.

Puis, ce furent des aventures plus courtes, MFM, Radio-Classique, Rire & Chansons, ponctuées de retours, chaque été, sur RTL où je finis par m’installer sur le morning Music & News réinventé pour moi, en tête chaque été sur tous les 1/4 d’heures. Là aussi les complicités vont bon train, avec des réalisateurs fidèles, tranquilles : Alain, Alex, Xavier… et les autres.

Quelques années auparavant, j’avais découvert le bonheur de la formation professionnelle. Il y avait eu d’abord les premières formations AFDAS pour le Cifap, le CNRA, la FAR. Puis vint le Vietnam (Voice of Vietnam à Hanoï et Voice of People à Saïgon), mes premières formations à l’international, mon premier coup de cœur pour un pays du bout du monde, et dans le service public, le Ghana (GBC, Uniiq FM). Accra me séduit : j’y retournerai à plusieurs reprises, tant pour les radios nationales que communautaires. Grâces soient rendues à Jérôme, du Cifap, qui m’a fait cet immense cadeau de la découverte du Vietnam. Sans lui, qui sait si j’aurais jamais pu déambuler pendant des heures dans les rues de Hanoi que j’ai fini par connaître aussi bien que celles de La Courneuve des années 70… ?

Les employeurs et les clients s’enchaînent pour les formations : RFO (6 stations du groupe formées, travail sur l’animation, le rapport à l’auditeur… et le bonheur des amitiés du bout du monde : Bernard, Nadine, Serge, comme il y avait eu Anh Tuan à Hanoi), le Studio Ecole de France (dont je suis quelques mois directeur du développement et pour qui je réalise des formations sur site pour des radios locales en métropole et à la Réunion) avant de créer ma propre structure : Leopard Prod, avec laquelle je sillonne la France, du Quercy à Saint-Malo, et l’étranger pour de nouvelles missions, notamment au Maroc, où j’ai eu le bonheur d’accompagner pendant près d’un an et demi le développement d’Aswat, grosse radio commerciale, formateur auprès des animateurs, chargé du coaching de l’animateur du morning, consultant auprès de son président et de sa direction générale, puis de sa directrice des programmes.

Au Maroc, il y aura aussi la mission pour l’Association des Radios et télévisions indépendantes, avec l’aide de l’Ambassade des Etats-Unis. Ce sont des animateurs et des journalistes venus de presque toutes les nouvelles stations, qui seront formés : Hit Radio, Atlantic, Chada FM, Casa FM, etc…

Pendant quelques années, je serai aussi le Rédacteur en Chef de INF Radio, seule lettre professionnelle spécialisée dans la radio. De la version papier adressée à ses abonnés, j’en ferai une newsletter régulière, lue jusqu’au CSA. A la demande des éditions Dixit et du Cifap, je co-écrirai et superviserai l’ensemble de l’ouvrage « Animer une Radio« , paru en 2002 (voir page « Ecrits »). J’interviendrai aussi à plusieurs reprises au Salon International de la Radio (SIR), puis au Radio (SIEL) en tant qu’invité ou modérateur de débat. Quelques rendez-vous au CSA pour définir ou défendre des projets m’ont aussi laissé quelques souvenirs contrastés et plein de paradoxes. Entre un Baudis qui enterra l’AM pour ne s’intéresser qu’à la TNT et des hauts fonctionnaires finalement bien moins coincés qu’on ne pouvait le craindre et souvent très au courant des réalités du métier.

Enfin, il y a les créations de programmes, les reformatages. Littoral AM, projet malheureusement inabouti, mais ambitieux, d’une radio régionale, associative, en Ondes Moyennes, Vivre FM, à Paris, dont j’ai posé les premières pierres, Sport FM à qui j’ai donné son dernier score dans les sondages et La Radio de la Mer qui connaîtra une augmentation d’audience de +87% en 4 mois, me permettant de démontrer que les projets les plus originaux peuvent rencontrer leur public dès lors que l’approche est professionnelle..

Et la détente, c’est encore de la radio. De Radio-Trousseau, radio réalisée par des ados pour des enfants hospitalisés, que j’encadre depuis 1994, et sa webradio, Réglisse, à mes propres webradios (Play Misty for Me, ma webradio jazz, créée pour le plaisir d’entendre ce que TSF ne sait pas faire, Classicalways et Goldies Time qui me donnent l’occasion de pratiquer le seul métier que je n’ai jamais fait ailleurs : la programmation), tout ce qui est nouveau enrichit mon expérience et ma pratique. Cette expérience m’amène à aider la création d’autres projets, plus ou moins éphémères comme Radio Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt, Radio CHU à Bordeaux ou encore les radios de deux établissements parisiens recevant des ados handicapés mentaux.

Et demain… D’autres aventures, encore, sous toutes les latitudes… jusqu’au countdown du menu de droite… !

Pour commencer…

Remy Jounin

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