Dans la même catégorie

30 ans déjà…

Ce matin-là, le morning n’a pas été tout à fait comme d’habitude.

Peut-être parce qu’il n’y avait pas encore d’habitude. C’était le premier jour de l’antenne.

A 6 heures, dans ce sous-sol de Bobigny, il y a eu le premier morning de TSF 93. Puis à 9 h, je réalisai pour la première fois la grande émission de la matinée. Un peu complexe, à vrai dire. Les studios étaient tout frais et pas encore totalement finis. Il manquait des détails comme un intercom entre la régie et le studio. Vachement pratique. En fait, pour dire la vérité, on n’était pas vraiment prêts à démarrer. Mais fallait se jeter à l’eau. Je ne l’ai pas regretté.

11 h 30, pour la préfiguration de l’émission du midi, les deux tauliers, qui animent tant bien que mal, me demandent de rester pour témoigner. Volontiers, je suis venu pour bouffer du micro ! Regardez, là, sur la photo loupée du reporter qui avait oublié son flash, il y a Lev Bogdan, directeur des programmes, à gauche, Jean Kouchner, le big boss, totalement dans le schwarz à droite, un journaliste (Yves Bordenave, si je me souviens bien ) qui lève le bras et moi, avec des lunettes dignes de Bernadette Chirac. Je me souviens que Jean avait un peu tiré la tronche en voyant que j’étais celui qu’on voyait le moins mal sur la photo !

Et, incidemment, pendant un disque, les voila, les boss, qui déplorent devant moi que la fille qui devait être embauchée pour le 13/17 leur ait fait faux bond le matin-même et qui envisagent de remettre le fil musical. Eh oh, les gars, ça va pas non ? Et moi alors? Je voulais faire l’animateur, au départ, vous vous rappelez ?

Ils me regardent, hésitent… longuement. Tu crois que tu saurais ? Puis finissent par décider qu’ils n’ont rien à perdre.

J’ai juste eu le temps de grignoter un sandwich, attrapper une pile de disques (des machins en plastique, avec un trou au milieu, qui tournaient à des vitesses allant de 33 à 45 tours, tu ne peux pas comprendre, jeune) et enquiller mes premières vraies heures d’antenne rien qu’à moi.

On allait râler, s’engueuler, piaffer, tourner en rond, se planter, être sur terrain, donner à entendre et aider à dire.

En direct de la vraie vie, des 4000 de La Courneuve et d’une maison de retraite de Bondy, des cités et des lycées de Bobigny, du théâtre de Saint-Denis, de la Fête de l’Huma et d’une école de Pantin, etc…

Apprendre, inventer…

C’était le 2 novembre 1982 et je suis assez content de ce que j’ai fait là-bas durant les 4 ans qui ont suivi avec tous les copains. Les Sitbon brothers, Patrick Winzelle, William Pinville (oui, la grosse voix derrière Julien Lepers), Laurent Bourdon, Gilles Tessier (oui, celui qui… enfin bref) puis plein d’autres…

Bon anniversaire.

print

Comments are closed.